Marché européen
Journée de fermeté hier pour l’ensemble des produits avec en toile de fond des tensions géopolitiques persistantes. De nouvelles frappes en mer Noire sur des cargos au large de la Bulgarie ont largement alimenté les discussions hier, même si en parallèle les déclarations en faveur de négociations tripartites refont surface. Au Moyen-Orient, l’attention se concentre sur les attaques menées par les rebelles houthis du Yémen. Le baril de pétrole continue ainsi sa progression pour désormais dépasser les 94 $ à New York. Ce raffermissement soutient le secteur des commodities dans son ensemble, avec un indice BCOM qui revient vers ses plus hauts de début septembre.
Le marché du blé a en outre été soutenu sur Euronext par le regain de demande des pays importateurs. L’Algérie en est le premier exemple avec la finalisation hier d’un appel d’offres de l’OAIC pour environ 600 000 t de blé tendre, sur un niveau de prix C&F en hausse d’environ 5 à 6 $/t par rapport au précédent tender du mois de septembre.
Le maïs témoigne toujours d’un contexte très particulier cette année avec une récolte catastrophique en France. Le ministère de l’Agriculture continue de prendre progressivement en compte cette terrible situation avec une nouvelle révision hier de la production française de maïs 2026 à 7,3 Mt contre 8,1 Mt, ce qui, malgré tout, reste encore bien au-dessus du chiffre attendu par les analystes d’Argus Media. Alors que la récolte s’achève trop précocement dans l’Hexagone et que la clôture de l’échéance Euronext Novembre 2026 aura désormais lieu dans trois semaines, la situation s’emballe sur fond de rachats de positions short. Le contrat maïs Novembre 2026 gagne ainsi 12 €/t pour clôturer hier sur un nouveau plus haut à 289 €/t, soit près de 20 €/t au-dessus de l’échéance Mars 2027.
Le colza n’est pas en reste avec une clôture en hausse de +7 €/t sur les échéances février et mai 2027 d’Euronext, qui reviennent sur leurs zones de résistances respectives. L’huile de colza reste particulièrement ferme en toile de fond.
Les dernières estimations de production 2026 en France publiées hier par Agreste sont les suivantes :
- Blé tendre : 31,49 Mt, en repli de -5,6 % sur un an
- Blé dur : 1,1 Mt, en repli de -15,6 %
- Orges : 10,59 Mt, en repli de -11 %
- Colza : 4,74 Mt, en hausse de +1,7 %
- Tournesol : 1,22 Mt, en repli de -14,2 %
- Maïs : 7,1 Mt, en repli de -48,1 %
Marché américain
La consolidation observée la veille se poursuit sur le marché de Chicago. Malgré le soutien du pétrole et les tensions géopolitiques au Moyen-Orient comme en mer Noire, les cours peinent à conserver les gains observés en séance. C’est donc sur de légères baisses que le blé, le maïs et le soja ont clôturé hier. La digestion du dernier rapport USDA, particulièrement baissier pour le maïs, reste compliquée et s’ajoute à l’accentuation de la pression des récoltes sur cette culture comme sur le soja. Le blé, quant à lui, reste en manque de compétitivité à l’export.
En raison du jour férié de Columbus Day lundi aux États-Unis, ce n’est qu’hier après la clôture que l’USDA a publié son rapport Crop Progress. Il en ressort les éléments suivants :
- Maïs : 33 % récolté contre 23 % la semaine dernière et 39 % en moyenne sur 5 ans. Un rythme en retard par rapport aux attentes.
- Soja : 46 % récolté contre 25 % la semaine passée et 50 % en moyenne sur 5 ans. Dans le haut de la fourchette des attentes.
- Blé d’hiver : 51 % semé contre 36 % la semaine passée et 58 % en moyenne sur 5 ans. Conforme aux attentes.
Marché mer Noire
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