Marché européen
Nouvelle séance de haute voltige sur les marchés hier, alors que les regards restent focalisés sur le Moyen‑Orient. Au gré des attaques visant les infrastructures énergétiques de la région, le pétrole réagit avec nervosité. Ce fut particulièrement le cas du Brent, qui s’échange désormais au-dessus du seuil symbolique des 110 $/baril.
Face à cette incertitude persistante, le dollar joue pleinement son rôle de valeur refuge. Le dollar index se renforce et entraîne la parité euro/dollar à la baisse. La paire évolue désormais sous les 1,15, de quoi redonner un soupçon de compétitivité aux exportations de la zone euro. Dans le même temps, aux États‑Unis, la Fed a laissé ses taux inchangés, justifiant ce statu quo par des incertitudes géopolitiques encore trop nombreuses.
La macroéconomie a ainsi été le principal moteur de la hausse des céréales sur Euronext hier. Le blé parvient à revenir dans la zone 205–210 €/t sur l’échéance Mai et s’échange à nouveau proche des 215 €/t sur l’échéance Septembre. Cette progression, portée par la dynamique générale des matières premières, ne doit cependant pas faire oublier les fondamentaux : les bilans mondiaux en blé restent confortables et les conditions de culture dans l’hémisphère Nord demeurent rassurantes pour le moment.
Le maïs européen, quant à lui, a largement profité du manque de marchandises en provenance d’Ukraine pour conserver une certaine fermeté. Désormais dans le sillage du blé, le maïs concentre les incertitudes, tant les surfaces mondiales apparaissent à risque face à la flambée des coûts des engrais.
Le complexe oléagineux reste pour sa part tributaire de l’évolution des huiles, toujours moteur de la bonne tenue des cours. En Europe toutefois, l’accélération des flux d’importation, notamment en provenance d’Australie, exerce une pression sur les échéances rapprochées. Ainsi, lorsque l’échéance Mai reculait de 1,25 €/t hier sur Euronext, l’échéance aAoût regagnait 0,25 €/t.
Marché américain
Les cours américains ne sont pas épargnés par la nervosité qui s’est emparée de l’ensemble des marchés ces dernières semaines. Si le pétrole new‑yorkais cède du terrain, son homologue européen, quant à lui, reprend des couleurs. Ce dernier, plus facilement accessible à l’export, bénéficie d’une demande accrue dans le contexte actuel, ce qui lui permet d’accentuer sa prime.
Pour autant, la fermeté généralisée observée sur les marchés de l’énergie ces dernières semaines est de nature à soutenir les prix du maïs américain. La première raison concerne naturellement son utilisation potentielle pour la production d’éthanol, la seconde réside dans les incertitudes liées aux surfaces. Alors que l’USDA Forum indiquait récemment que les agriculteurs américains envisageraient de semer 94 millions d’acres de maïs, la donne a probablement évolué. Gourmand en urée, le maïs voit ses coûts de production flamber sous l’effet de la hausse des prix des engrais. Dans ce contexte, la prudence reste de mise, et les prochaines semaines devraient apporter davantage de visibilité quant aux choix opérés par les producteurs outre‑Atlantique.
Le soja, pour sa part, demeure à la merci des déclarations de Donald Trump. Après le krach en début de semaine causé par l’annulation de la visite présidentielle en Chine, les cours ont retrouvé des couleurs à la suite de l’annonce de la Maison‑Blanche confirmant un déplacement prochain chez leur premier consommateur de graines. Parallèlement, l’incertitude reste forte concernant les décisions attendues à la fin du mois sur la politique américaine en matière de biocarburants. L’ensemble de ces éléments accentue la volatilité sur des marchés qui enregistrent des amplitudes hebdomadaires particulièrement marquées.
Marché mer Noire
Afin de notamment suivre au quotidien l'évolution de l'actualité et des prix en Russie et sur la région mer Noire, demandez l'accès complet au rapport AgriMarkets pour en savoir plus sur le bassin mer Noire en cliquant ici .